vendredi 30 septembre
Y au carré
Comme vous l'avez compris, mon objectif prochain c'est de créer ma petite entreprise. C'est pourquoi, tant qu'à faire, la concentration de mon MBA, c'est l'entrepreneuriat. Cela veut dire que tout au long du MBA, j'ai pris, en sus des cours "essentiels" (je mets ici des guillemets pour rester cohérent avec mon point de vue sur les études ;-) ), des "cours" dont le focus est l'entrepreneuriat. Il s'est agit de nombreux séminaires de deux jours sur des sujets donnés pendant lesquels divers intervenants (entrepreneurs à succès et investisseurs en particulier) venaient nous galvaniser.
Et puis, là pour mon dernier semestre, j'ai décidé de suivre le cours intitulé Business Plan. D'une part car ça ne peut me faire que du bien pour paufiner le mien et d'autre part parceque j'apprécie beaucoup le professeur qui a une pêche d'enfer (j'ai cru comprendre qu'il approche la soixantaine alors qu'on lui donnerait 25 ans ou presque !!), démontre un intérêt manifeste pour ses étudiants et en échange donne de précieux conseils. Bref, il nous pique de notre enthousiasme pour le gonfler encore plus. En fait, c'est plus un coach qu'un prof.
En début de semaine, je lui avais envoyé, comme la douzaine d'autres élèves qu'il suit, un document de cinq pages décrivant mon projet. Ce soir, réunion de présentation orale du projet, Dale (c'est son nom), nous exprime toute la reconnaissance qu'il a de nous voir partager notre projet et ce moment exaltant qu'est celui de la création d'entreprise (c'est selon lui une expérience à réaliser au moins une fois dans sa vie). Il nous fait également part du plaisir qu'il a eu à découvrir nos projets respectifs.
Et puis, tout d'un coup, oups ! Il nous dit qu'il a annoté nos documents et qu'il a donné un avis franc à la fin. Il ne faudrait pas qu'on s'engage dans quelque chose qui ne soit pas à son avis viable. Il est là le OUPS car je me dis, à cet instant, avec tout le respect que j'ai pour lui, s'il me dit que mon projet que je remue dans tous les sens depuis plusieurs moi ne convient pas... c'est qu'il n'a pas compris, ce n'est pas de son âge... De toute façon, ce n'est pas possible et pourtant je sens son regard se porter sur moi à plusieurs reprises... ça met la pression !
Finalement, il nous dit que s'il y a un "why" à la fin, c'est que c'est bien parti, sinon, il va falloir revoir en partie la copie. Au moment où il nous parle de son "why", il dessine dans l'air une figure que j'imagine être un point d'interrogation... je n'ai pas compris la relation entre le point d'interrogation et son assentiment d'autant qu'il en rajoute un peu en nous glissant qu'il a même eu le plaisir de conclure par des "why two"... je suis largué...
Sur ce, il nous rend nos documents. Je tourne mes pages les unes après les autres pour découvrir des ratures des surlignages dans tous les sens, des "what about...."... jusqu'à la dernière pages où je découvre un grand:
Y2
eh eh, le "why", c'est la prononciation du "Y" en anglais et c'est égalment tout simplement l'initiale de YES et YES x YES = Y au carré = "why two" !!!
mercredi 28 septembre
L’idée et... sa/ses valeur(s)
Et voici mon dernier article pour le site Envie d'entreprendre. Il devrait paraître sous peu mais il est bien sûr ici en avant première.
La valeur d’une idée est nulle. C’est ce que j’ai entendu de la part de plusieurs investisseurs et même de la part d’entrepreneurs en préambule de toute discussion. La première fois qu’on entend ça, ça fait bizarre ! Purée, moi qui pensais avoir une super idée, elle vaut rien !!! Et puis, on comprend vite qu’on ne parle pas de la même valeur. L’idée n’a en effet pas de valeur marchande, sinon, j’en connais quelques uns qui seraient richissimes. En revanche, en tant que porteur d’idée mon idée à une valeur inestimable... pour moi. C’est mon driver !
Je ne m’imagine pas de passer une partie de ma vie autour de personnes qui ne me soient pas chers. C’est la même chose pour mon projet d’entreprise. J’y tiens parce que j’ai confiance en lui et que je l’ai choisi. D’ailleurs, il a remplacé d’autres projets que j’avais en tête auparavant avant d’avoir l’étincelle qui m’a montré que cette ultime idée avait ce petit plus qui lui donne, pour moi, plus de valeur que les précédentes.
Alors comment déterminais-je que cette idée a plus de valeur que toute autre ?
Les facteurs de succès potentiel sont nombreux. J’allais les lister tous ou tout du moins ceux qui me viennent à l’esprit mais je me rends compte que tous ces facteurs sont liés à 3 questions primordiales :
- Faisable ? L’une de mes rengaines c’est : tout est possible (ça marche d’ailleurs !!) donc je ne devrais pas m’en soucier mais j’y porte de l’importance car il faut que je puisse entrevoir de l’infaisabilité pour d’autres… Est-ce clair ? En fait, si c’est faisable pas trop de monde, ce n’est pas drôle et ce serait surtout faire le cobaye et que d’autres en profitent.
- Opportun ? Alors là, à 100%, il faut que ce soit le moment pour le lancer tant du point de vue du potentiel que du point de vue personnel. C’est d’ailleurs principalement cette raison qui a fait passer mon projet actuel devant le précédent.
- Mobilisateur ? Là c’est le plaisir que je vais prendre à mettre en œuvre le projet et la confiance que j’ai qui importent. C’est en ce qui me concerne ce qu’il y a de plus fort. Le projet va mobiliser mon énergie et il faut également qu’il puisse mobiliser celle des potentiels associés, investisseurs, partenaires et celle des clients !
lundi 26 septembre
Et on refait le monde
Les fins de semaines sont propices aux soirées dont mes lecteurs réguliers ont eu leur dose de compte-rendu d’autant que ça finit toujours par se ressembler. Il y a tout de même deux types de soirées Bethlehemienne que je n’ai pas encore narré et qui étaient au menu de cette fin de semaine.
Il y a celles qui se terminent sur un petit nuage de nostalgie et celles qui se terminent en cris et en pleurs.
Les premières consistent en un concours de juke-box vivants. En général, c’est moi qui arbitre ce genre de concours (ça me permet de ne pas avoir la honte) en choisissant parmi un incroyable répertoire d’extraits musicaux ceux dont les compétiteurs auront à deviner l’interprète et le titre. A ce petit jeu, ce week-end, le Colloc a encore une fois mis la pâté au reste du monde qui s’était allié contre lui.
Le deuxième type de soirées commence quant à lui sur un petit nuage de nostalgie puisqu’elles sont inaugurées par un verre de Ricard (oui, je suis pourtant toujours aux US) ! Elles ne s’animent toutefois qu’autour d’une pizza et d’une Guiness au moment où l’on commence à refaire le monde. Là, on a failli se faire virer de la pizzeria de Bethlehem dans laquelle il ne se passe jamais rien.
Il faut dire que nous avons abordé quelques sujets sur lesquels je deviens vite virulent après, ips, un petit coup.
La recette : il faut que le consensus général autour d’un sujet soit trop mou. Alors là, attention, il faut être prêt à me tenir tête alors que les positions que je vais prendre sont parfois difficilement défendables (par rapport au consensus mou) ou tout du moins inhabituelles. Allé, voici un petit florilège du genre de position que je me plais à prendre parce que j’y crois bien un petit peu :
- La duperie majestueuse des études, des diplômes… ! Alors là, ça commence fort pour quelqu’un qui en a fait légèrement plus que de raison… Pour faire rapide et pourtant je crois que je pourrais écrire un livre sur ce sujet après tout ce que j’ai vu, la plupart des études, selon mon analyse, n’ont de salut qu’en tant qu’antichambre de la maturité alors que trop de monde croit en un tremplin. A ce sujet, je conseille fortement à mes jeunes lecteurs de n’en profiter que pour partir à l’étranger (attention, pas pour ce qu’on y apprend en cours mais pour la maturité que l’on y gagne plus rapidement), chose dont j’ai su abuser…
Et cette analyse me semble être de plus en plus vrai à mesure qu’Internet se développe. Ainsi, perso, les sujets sur lesquels j’ai le plus de connaissances voire d’expertises (oui, je me la joue ;-)) sont ceux sur lesquels je me suis autoformé.
- Le bien fondé d’un pouvoir despotique en Chine à l’heure d’aujourd’hui. Dois-je développer ? Bon, en fait, je crois que même si comme l'expliquait Rousseau et comme me l’a rappelé Maximilien (ça te fait plaisir d’être cité dans le même § que Rousseau ;-) ?) un despote éclairé reste un despote, je pense que dans un pays aussi vaste, aussi peuplé et avec un développement aussi spectaculaire, un certain dirigisme autoritaire est salvateur. Entendons-nous bien, le dirigisme a trait à l’économie… ouhouh, je sens mes oreilles siffler… mais là aussi il faudrait écrire un livre.
- Ne pas être à 100% (voire plus) contre la guerre en Irak. Je suis comme ça mais je ne pense pas que Mr Bush (dont je ne suis pourtant pas un supporter mais j’exècre les discours manichéistes vis-à-vis de qui que ce soit) ait décidé tout seul et parce que ça lui plaisait de faire la guerre en Irak. Bien sûr, il était sans doute enclin à cela mais en ce pays, le gouvernement népotique et dictatorial n’était pas souhaitable… enfin, j’ai déjà développé en partie ici.
- bien sûr, je suis également intarissable sur les bienfaits d’Internet. De plus en plus de monde en est persuadé mais peu les comprennent et les intègrent (c’est pas très clair ce que j’écris ;-)).
- Après, il y a plein d’autres sujets où je peux vous tenir des discours qui sortent du consensus comme l’inutilité de construire des bibliothèques à l’heure d’Internet mais ça je crois que ça commence à rentrer dans les mœurs. La Bibliothèque de France est sans doute la dernière grande bibliothèque à avoir été construite jusqu’à aujourd’hui et pour les siècles à venir (wow, quelle sentence !). Et puis, il y a la bêtise des classes prépa (on rejoint le premier sujet…) qui n’ont de salut que dans celui de former des Penseurs (qui peuvent se former tout seul) dont on n’a besoin qu’à condition qu’ils ne restent pas de bronze. D’ailleurs, je ne comprends pas trop Rodin à ce propos… Mais là aussi, je rebondis sur le fait que dans l’art, il n’est à mon sens pas possible de sentir une œuvre si l’on ne connaît pas son auteur. C’est pour ça que ce qui m’attire dans les musées c’est d'observer les gens qui visitent et s’extasient en découvrant des artistes. Quoique là ma réflexion a un peu évolué et je suis d’accord qu’il faille d’abord être interpellé par une œuvre pour ensuite s’intéresser à son auteur et au final comprendre l’œuvre.
Bon j’arrête mes divagations même si ça m’amuse plus que le pain, légèrement plus prosaïque, que j’ai sur la planche. Ah ces études...
jeudi 22 septembre
2 ans de délais pour La Poste...
Eh bien, je ne pourrais pas dire que question délais ou plutôt réactivité La Poste soit satisfaisante... parce que là, deux ans de délais, ça commence à faire...
Alors je vous rassure tout de suite, il ne s'agit pas de courrier qui soit arrivé avec deux ans de retard mais d'une réponse concrète à un problème qui date d'il y a deux ans...
Pour revenir aux sources, j'ai ouvert il y a de cela un bon nombre d'années mon premier compte bancaire à La Poste car c'était simple et surtout ma petite étude de marché m'avait démontré que c'était les moins chers... Tout s'est bien passé jusqu'à un mois de janvier 2004 où je remarque que les seuls mouvements qui ont lieu sur mon compte sont les montants prélevés pour la gestion de mon compte et qu'ils viennent de doubler. En fait, je me retrouvais avec une cotisation annuelle + une cotisation trimestrielle. Pour quelqu'un qui n'utilisait son compte qu'une fois tous les 36 du mois puisque j'étais déjà aux USA, une simple cotisation c'était bien suffisant... Bref, j'avais envoyé un mail resté sans réponse... Quand je suis rentré en France, je suis allé voir mon banquier pour lui dire que tout ça n'était pas très sérieux surtout que je venais alors de recevoir une deuxième Carte Bancaire par erreur. Bref, mon banquier me dit que tout va s'arranger et je repars aux US en janvier 2005 et là qu'est-ce que je vois, qu'on me reprélève doublement à nouveau. Je renvois un mail agacé à LaPoste et ce n'est qu'il y a trois jours que je reçois une réponse me disant que je vais être enfin recrédité pour le montant indûment perçu en janvier 2005 et en plus ils me remercient de la confiance que je leur accorde malgré l'erreur et la réponse tardive... C'est peu dire, et avec les emails, ils n'ont pourtant pas l'excuse du courrier perdu... pendant 6 mois.
Alors là moi être qu'à moitié content et je me fends d'un joli mail dans lequel j'exprime mon manque de confiance dans une banque aussi peu professionnelle et si peu réactive en les enjoignant de RÉGLER LE MÊME PROBLÈME POUR L'ANNÉE 2004 !!! et accessoirement de me verser ce qu'ils m'auraient demandé si j'avais été leur débiteur pendant deux ans...
Eh bien ça y est après presque deux ans, je viens d'être enfin recrédité de ces "faux frais" (65 euros tout de même).
mercredi 21 septembre
Désolé pour les feuilles...
Ça c'est passé tout à l'heure, juste avant d'aller en cours.
Comme à l'accoutumé, je suis à la bourre et je fonce imprimer quelques dizaines de feuilles dans une salle d'informatique. J'allume un pécé en quatrième vitesse, me connecte à mon adresse email d'où je lance l'impression de quelques exos que je me suis envoyé depuis chez moi trois minutes auparavant (c'est fou quand on y pense !!) puis je me connecte à mon blackboard (c'est la partie de l'intranet de l'universitaire qui m'est dédiée) d'où je lance l'impression d'une quantité d'articles et de powerpoint pour pouvoir suivre en baissant les yeux et ainsi ne pas me faire intérroger par un prof qui me croirait intéressé...
Je fonce cette fois vers l'imprimante réseau qui a commencé à débiter à toute allure (c'est fou ça aussi quand on y pense). Et puis, je suis forcé de m'arrêter dans ma course car une demoiselle se trouve là prostrée devant la machine. Ça n'a pas l'air d'être la grande joie... alors j'attends tranquillou que l'imprimante laser qui débite et débite encore ait fini son office... la demoiselle est toujours là, fixant la machine. Je n'ose pas lui demander ce qui ne va pas... je prends mes feuilles en vérifiant bien que je n'embarque rien qui ne soit pas à moi. Je détale alors en ayant juste le temps de voir la demoiselle en question remettre du papier dans la machine (j'en ai bouffé ce soir du papier) avant de foncer sur son ordi et de lancer son impression. Bizarre..........
Je fonce alors en cours toujours intrigué par ce qui venait de se passer... je m'assieds là où il reste de la place mais tout de même stratégiquement pour ne pas me faire interroger pendant le cours (le truc, je me mets en plein milieu, là on ne me voit pas...). Je sors toutes mes feuilles pour donner l'impression d'avoir bien tout préparé et là, je regarde ces belles feuilles, que dis-je, je me mets à les caresser. J'ai COMPRIS !!!
Mais qu'ai-je donc compris ??? A vous de deviner..
mercredi 14 septembre
J'ai pris deux douches avec mes habits...
oui et pendant plus d'une heure à chaque fois...
En fait, hier soir je suis descendu dans le "basement" (le sous sol quoi) pour y faire ma grosse lessive bimensuelle de flemmard. Une heure plus tard, je descends rechercher le tout et là, je me suis rendu compte qu'elle s'était arrêté avant le rinçage. Elle est encore pleine d'eau noirâtre. Je donne quelques coups de pied dans la saleté de machine mais rien n'y fait.
C'est alors que j'ai enlevé quelques pantalons et chemises et suis parti prendre une douche avec car la baignoire est bien mal foutue avec un pommeau en position fixe et pour ce qui est des éviers, ils sont riquiqui.
Ce matin, rebelotte, je descends au basement et comme par non-miracle, rien n'avait changé et je suis donc reparti pour une douche avec le reste de mes fringues...
Intéressant tout ça, non !!?
Bon après j'ai entendu le voisin se faire engueuler par la voisine qui pensait que c'était lui qui avait laissé la machine avec plein de flotte dégueulasse dedans... car les deux ploucs du dernier étage, ils ne font jamais de lessive (sic.)... Après avoir laissé passé la tempête, je suis descendu expliquer que yavait eu un petit problème dont comme de par hasard, la voisine était au courant...
Résultat: on devrait nous changer la machine sous peu...
PS: le sèche-linge a quant à lui pris feu il y a 3 mois... mais là j'y étais pour rien
samedi 10 septembre
Une longue journée d'une longue semaine
Ça se passe comme ça chez Nicolas en ce moment.
Des cours tous les jours avec une intensité qui va crescendo puisque aujourd'hui j'ai fait du 8h45am ==> 11h00pm quasi non stop. La faim commençait tout juste à me ronger en cette fin de soirée car je n'avais pu qu'avaler que deux médiocres parts de pizza à midi. Je vous entends déjà: "C'est pas comme ça que tu vas grossir !"
Mais le meilleur est à venir pour demain puisque, week end oblige, j'ai cours à nouveau toute la journée de demain (samedi). Eh oui, le programme est à finir, en ce qui me concerne, d'ici décembre alors on mets les bouchées doubles...et ce n'est toujours pas pour grossir ;-).
Ah, qu'ils sont loin mes posts des mois de juillet et d'août intitulés dur dur le MBA...
jeudi 08 septembre
Comment qu'on fait les courses aux US ?
Ah voilà un sujet qui me tient à coeur mais que pour une raison inconnue, je n'avais pas encore blogué malgré les demandes de certains. Alors pourquoi aujourd'hui ? Eh bien parce que Christophe vient de m'interpeller en vue de m'associer à la création d'une entreprise de consigeurs de chariots américains...
Malheureux !!!! Il est vrai qu'il nous semble incongru à nous français de France de voir tous ces chariots de supermarchés éparpillés dans les rues des villes américaines. Ça fait désordre. Oui, mais ça me sauve ma life ou tout du moins mes bras et ceux de Maxime.
En effet, en pauvres étudiants sans le sou et déshérités nous avons décidé en début d'année d'arbitrer nos dépenses en faveur de Guiness plutôt que de Gallons d'essence d'autant que l'investissement de départ donnait l'avantage à la bière. Par ailleurs, la mise en application de nos cours de macro-économie nous faisaient craindre une pression sur le pétrôle. Faut pas tout mélanger.
Oui mais voilà, le soucis c'est qu'on n'habite pas tout à côté de la supérette la plus proche... Et c'est donc pourquoi, en lieu et place d'une voiture, nous avons fait "l'acquisition" d'un chariot ! Ainsi, en bons écologistes, quand vient l'heure de faire les courses hebdomadaires, on prend notre chariot et on dévale les rues de Bethlehem qui nous mènent une quinzaine de minutes plus tard chez Ahart's, notre épicier.
Le retour est un peu plus technique car le chariot est rempli et les trottoirs défoncés. Heureusement, ayant sans doute été conçu sur le modèle de la 2CV, les oeufs sont toujours restés intacts malgré un parcours assez acccidenté qui se termine par la montée ultime que l'on ne peut gravir qu'en pensant à la Guiness que l'on va pouvoir descendre.
Le chariot rejoint alors son garage qui est en fait le débarras des voisins. Tu comprendras donc Chris que je ne vois pas ce business de la même manière que toi. Pour moi, ce qui est rageant c'est quand on me pique mon caddie, ce qui me prive de ma descente en caddie. Qui plus est rien ne garantit de retrouver un chariot de qualité chez Ahart's, à croire qu'on n'est pas les seuls au fût à l'affût*. Quand on a un chariot de compet', on y tient ! Alors, des consigeurs oui, mais seulement si je peux consigner dans le débarras de mes voisins.
*et de fait,on n'est pas les seuls !! Il y a quelques mois je m'étais retrouvé au quatrième étage d'une résidence huppée de la banlieue de Washington face à un... chariot d'appartement...
dimanche 04 septembre
It was like an awesome Engagement Pâââ(r)ty*
En cette rentrée américaine les soirées s'enchainent avec retrouvailles et nouvelles rencontres.
Le summum du genre fut toutefois atteint hier avec la célébration des fiançailles de Maximilien et de Jennifer. Autour des deux stars de la soirée ont mangé, dansé, déliré et surtout bu un mélange de nationalités du monde entier, enfin presque. Chacun tentant plus ou moins de faire passer un peu de sa musique ou de son alcool natal. Ainsi les musiques turques ont succédé aux musiques indiennes et roumaines. Ces dernières ont fait fort avec O-Zone et leur titre phare Dragostea Din Tei (pour les incultes, cela signifie l'amour dans le tilleul) mais rien ne pouvait égaler A la queue leu leu porté aux nues par une bande de sept joyeux gaulois (ou plutôt de six gaulois pour une gauloise...) et dont le principe fut vite assimilé par la communauté internationale qui l'a embrasé. Succès qui nous inciterait presque à introduire, sur le même principe, "La chenille qui redémarre" lors de la prochaine soirée...
La party s'est terminée et ma patience fut récompensée par l'apparition d'un morceau de brie savouré comme il se doit malgré son goût américain qui faisait vite oublier la marque francisée inscrite sur la boîte de... camembert.
*titre dédicacé à la reine de la soirée
jeudi 01 septembre
La fin de l’extrême pauvreté…
aJe crois que je fais partie de la génération d’étudiants qu’on a le plus sensibilisé aux problèmes de l’exploitation du travail des enfants. Régulièrement j’ai ainsi eu le droit à des « moments éthiques » pendant lesquels on me mettait sous le nez des documentaires ou des articles montrant un enfant indien cousant le ballon de football que je venais de commander au Père noël. Je pense que ce battage a connu son apogée à la fin des années 1990. J’ai même eu droit en première année d’école de commerce à un prof de commerce international qui souhaitait nous remettre un petit coup d’éthique moralisatrice en nous demandant de commenter un article sur la fabrication des chaussures Nike produites par des « petits chinois » en mettant bien l’accent sur l’exploitation du monde des pays pauvres par celui des riches. Ce jour là, c'en était un peu trop, je me suis insurgé et me suis senti bien seul…
Évidemment, il est déplorable qu’aux XXIème siècle des enfants travaillent encore. Je fus d’ailleurs bien attristé au mois de mai dernier pendant mon épopée mexicaine par les propos désillusionnés du jeune garçon que j’y avais rencontré (voir ici). Il est également déplorable que les niveaux salariaux ne soient pas égaux partout sur terre de même que les temps de travail etc, etc…
Idéalement, il aurait en effet fallut que d’un coup de baguette on mette les pays en retard au niveau de développement des pays occidentaux. Une telle transition de but en blanc (comme celle qu’on tente de mener en Irak sur le front de la démocratie) est malheureusement inexécutable sans heurts. Il aurait donc fallut laisser les petits chinois à leur(s) misère(s) ??
Je préviens, je vais vite pour la suite car je crois que vous avez compris… donc, là où je veux en venir c’est que nous pouvons aujourd’hui remercier les acheteurs de chaussures Nike. Grâce à eux, la révolution industrielle qui fut si lente chez nous à hausser le niveau de vie de nos aïeux s’est accomplie en Asie du Sud-est à une rapidité jamais égalée. Alors que l’Europe a dû créer elle-même sa richesse, nous avons envoyé, via nos achats de chaussures Nike, des montants de devises considérables en Asie du Sud-est ce qui a permis cet essor formidable.
La raison pour laquelle j’écris ce billet c’est que le rapport de la Banque Asiatique de Développement (disponible ici en intégralité et que Le Monde commente ici) est une belle note d'espoir. Rendez-vous compte qu’en l’espace de 13 ans le pays le plus peuplé, la Chine, a vu sa population vivant en état d’extrême pauvreté (i.e. : vivant avec moins d’un dollar par jour) passer de 377 millions, en 1990, à 173 millions, en 2003. Mieux encore, on prévoit sa quasi éradication d’ici dix ans en ce pays !
Bien sûr, le chemin est encore long (le nombre d’individus vivant avec moins de deux dollars par jour, soit le seuil de pauvreté est encore considérable), mais à mon avis, sans le savoir, ceux qui ont fabriqué nos chaussures Nike ont contribué à ce que leurs enfants ne fassent pas de même car qui dit moins de pauvreté dit investissement dans la jeunesse et donc fin du travail des enfants.
Pour en finir avec ce sujet trop complexe mais également pour en revenir aux détracteurs, à juste titre, d’un système pervers (du pas bon pour du mieux plus rapidement), j’admets que la défense d’un tel système est facile quand il ne nous touche pas directement mais je trouve que sa critique est bien trop confortable quand il n’y a pas de meilleure solution possible.
Mise-à-jour pour clarifier un peu mes propos et pour répondre à un email ambigu qui me fait penser que j'ai dû mal m'exprimer. Je ne fais bien sûr pas l'apologie du travail des enfants. Je pense sincérement que de nombreux pays d'Asie sont un modèle de développement économique pour avoir réussi la transition industrielle la plus rapide de l'histoire économique et que les entreprises occidentales qui ont investis des montants considérables ont contribué (sans le vouloir, personne n'est philanthrope) à ce que les choses aillent mieux plus rapidement. Et pour ce qui est donc du travail des enfants, des entreprises occidentales en ont fait travailler effectivement et c'est mal idéologiquement mais c'était la norme en ces pays et dans des conditions encore pire antérieurement alors que maintenant, ces cas se raréfient à mesure que le niveau de vie s'élève. En quelques sorte, ces enfants ,par la richesse qu'ils ont créé, ont souffert pour que les leurs ne souffrent pas. A l'inverse, en Europe, la révolution industrielle a pris plus de 100 ans pendant lesquels les enfants travaillaient, car il n'y avait pas d'investisseurs étrangers...










