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Après presque deux ans, dont un conté sur ce blog en MBA, aux Etats-Unis, me voilà de retour en France pour la création d'une entreprise...

mercredi 18 mai

Le travail des enfants

Voila un sujet bien difficile à traiter tant par écrit que dans la réalité.

J'ai cédé par deux fois a leurs sollicitations en ayant toujours le remords d'inciter par la même le travail des mineurs. Toujours est-il qu'hier soir j ai vécu a cette occasion l'un des moments les plus forts de mon voyage. J'avais 3 heures à tuer avant mon bus de nuit et je suis donc allé sur le Zocalo (place centrale) de Palenque m'asseoir sur des marches à observer la vie mexicaine...

Curieux de ce que vendait un gamin, je lui demande ce que c'est. Il s'agissait de bananes frites. Il me fait goutter et je lui achète un sachet. Il s'en va ravi et revient 5 minutes plus tard et installe son panier devant moi et vient s'asseoir a mes côtés.

vente  enfant2

On engage la conversation qui va durer bien 1 heure et demi et très rapidement je me rends compte que ce jeune garçon de 8-9 ans est remarquablement lucide. Il me pose en particulier des questions sur le financement de mes études. Quand je lui annonce, pour faire court, que le gouvernement français me paye en partie mes études. Je vois une certaine colère monter en lui et il me dit qu' ici, le gouvernement ne fait rien pour appuyer les études ( c'est quand même gratuit jusqu'à un certain âge). Je l'interroge alors sur son cas et il me donne alors un cours sur la législation sur le travail des enfants au Mexique en me disant que (selon lui) le Mexique est le seul pays qui ferme les yeux dessus de telle manière: 6 heures par jour maximum et interdiction de l obliger. Il m avoue cependant qu' il n a pas le choix et que des qu' il sort de l 'école il doit aller vendre ses bananes frites sans avoir jamais un jour de repos et personne ne dit rien... Quand a sa rémunération personnelle, elle est bien sur inexistante. Tout va a Papa. Concernant son avenir, il me dit qu'il veut être militaire dans la marine et je comprends bien que c'est le seul moyen pour lui d'échapper au système.

En échange de toute cette lucidité et de la recette des bananes frites qu'il ma livré, je lui ai donné quelques trucs de Marketing pour mieux vendre même si j'avoue que son petit business était déjà relativement bien organisé et tout en discutant, nous avons tout de même vendu pour environ 40 pesos de marchandise ( 4 dollars). Les passants étaient en effet intrigués de voir un touriste les hélant à coup de "¡ Cinco pesos ! ".

Posté par Nicoolas à 23:55 - Reportage photos - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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